Personnes disparues 2.0

Ai-je inventé une nouvelle expression qui se termine par « 2.0 »? Il y en a déjà des milliers. Toutefois, je voulais apporter votre attention sur un phénomène auquel j’ai témoigné depuis que j’ai prolongé ma vie sur le web social. Je veux parler de la disparition non annoncée d’une personne des réseaux sociaux. Une disparition dans […]

Ai-je inventé une nouvelle expression qui se termine par « 2.0 »? Il y en a déjà des milliers. Toutefois, je voulais apporter votre attention sur un phénomène auquel j’ai témoigné depuis que j’ai prolongé ma vie sur le web social. Je veux parler de la disparition non annoncée d’une personne des réseaux sociaux.

Une disparition dans la vie de tous les jours est un drame. Si un collègue de travail ne se présente plus un matin, le patron va appeler chez lui. Si ça se prolonge, on risque d’investiguer davantage en appelant la police ou sa famille. On ne laisse pas cet évènement sous silence.

Toutefois, lorsqu’une personne disparait ou à tout le moins cesse ses activités subitement sur les réseaux sociaux sur internet, on n’a pas toujours les moyens d’investiguer. On se dit au fond, il n’y a pas que ça dans la vie, c’est probable que la personne a décidé de faire autre chose de son temps. De quoi je me mêle?

Mais, ce qui me tracasse le plus dans ce phénomène c’est l’incohérence du geste. C’est difficilement compréhensible qu’une personne soit énormément active un jour et cesse le lendemain. On peut s’imaginer alors un évènement tragique qui pourrait avoir provoqué ça. On s’attache à ces personnes.

Le meurtre de Renée Wathelet avait été médiatisé et nous a permis de comprendre tout de suite pourquoi elle n’était plus active sur la toile. Toutefois, des drames d’une autre envergure peuvent provoquer tout autant un silence radio (ou web dans ce cas-ci). On n’a qu’à imaginer une dépression, un suicide ou un accident d’auto.

J’écris ce billet en réfléchissant tout haut avec vous. Quelles réflexions vous amène-t-elle cette question? Doit-on investiguer davantage par amitié ou plutôt doit-on assumer que ç’ait été une décision personnelle? Comment vivez-vous ça? Est-ce que ça vous êtes arrivé? Êtes-vous un disparu? Je vous demanderais d’éviter de citer des noms de personnes pour respecter leur intimité.


À propos de Nicolas Roberge

Je suis le président d'Evollia et le père de 2 enfants merveilleux. Ceci est mon refuge numérique où je blogue sur un tas de sujets variés qui me passionnent.

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  • Marie

    Je pense qu’on s’attache à certaines personnes comme on peut s’attacher au lecteur de nouvelles au journal télévisé, à un acteur ou à un artiste. Dans le fond, on sait qu’un jour il y aura une fin. Dans un cas comme celui-là, on ne cherchera pas forcément à comprendre la raison du départ. On réalise bien souvent des mois plus tard que cette personne n’est plus présente à l’écran. Il n’y a pas un effet de manque immédiat. On entend souvent « Messemble que ça fait longtemps qu’on l’a vu… »

    Là où je pense qu’on devrait effectivement s’interroger sur la raison d’un départ qui arrive subitement c’est quand on tisse des liens au delà du simple fait de lire ce que cette personne a à dire. Quand on interagit et qu’il y a une communication bidirectionnelle durable qui s’installe, on peut alors parler d’amitié ou de relation virtuelle. Cette relation me semble plus profonde et mérite qu’on y prête plus attention.

  • Une cyber-disparition, parfois un cyber-suicide. Il est très difficile de décoder ce genre de geste lorsqu’il n’est pas annoncé: est-ce uniquement virtuel ou est-ce réel, ou même est-ce virtuel pour préparer le réel? Je suis convaincu, toutefois, que dans la monde d’aujourd’hui et surtout pour une personne qui a intégré les réseaux à sa vie, ce genre de situation n’est pas innocent, et reflète un état de difficulté personnelle ou un accident. Autrement, la disparition aurait été annoncée. Une cyber-disparition volontaire qui n’est pas annoncée n’est pas saine, à mes yeux.

    Mais je crois qu’il est très important de comprendre qu’il faut d’abord, en tant que témoin, faire la part des rôles versus la personne qui disparait: quelle importance doit-on s’attribuer face à ce constat, pour savoir comment réagir. On peut, souvent involontairement, vivre une inquiétude qui devrait, en fait, appartenir à des gens plus proches que nous de cette personne. Toutefois, il est sain de communiquer cette inquiétude, ne serait-ce que pour sensibiliser les personnes qui peuvent réagir.

  • Il arrive parfois que des personnes disparaissent des médias sociaux. Certains partent volontairement afin de profiter un peu plus de leur temps après avoir perdu des dizaines voire des centaines d’heures à naviguer, jouer ou fouiner. Dans ce cas, on peut les joindre par téléphone. S’il ne sont plus joignables par téléphone, il est souvent possible de les joindre sur les réseaux. Mais quand ils ne sont plus disponibles ni sur l’un ni sur l’autre, il y a certainement de quoi s’en faire.

    L’idée de faire un billet sur ce sujet est très bonne puisqu’elle permettra à plusieurs personnes de mieux se préparer devant un problème de communication avec un pair ou un ami. Bravo Nicolas pour cette réflexion!

  • Jo d

    Je trouve qu’il est totalement saint de se retirer volontairement des réseaux sociaux sur le net.
    Parfois le bris d’un ordinateur ou le déménagement en campagne (56k ou plutôt 26 k dans mon cas) peu nous faire prendre conscience du temps énorme investit dans ces réseaux. Ils nous donne l’impression de toucher (plutôt froidement) des gens par ce que l’on créé sur Internet. Sans dénigrer totalement les réseaux sociaux web (J’y participe encore puisque j’écris sur un blog présentement), ceux-ci donne l’impression qu’on est actif dans la vie tandis que tout ce qu’on y fais reste virtuel (rien de palpable). Rien de mieux que de rencontrer des gens en chair et en os et de participer à des projets qui font avancer notre communauté dans la vie réelle. Bloguer ne peut remplacer la bonne soirée à la taverne pour échanger sur la culture ou la politique J’ai rarement vue un argumentation politique sur le web qui amène les protagonistes à changer leur fusil d’épaule. C’est plutôt le contraire qui s’y produit, on se cantonne dans son résonnement et on se réconforte à voir que d’autres pense comme nous. Les discours enflammés autour d’une ou douze bières ne peut se produire devant l’écran ou tout le monde prend bien le temps de réfléchir avant d’écrire.
    L’intellect passe avant tout quand on est assis devant l’ordinateur.
    Bref, les réseaux sociaux amène, selon moi, un désengagement dans la vie de touts les jours.
    Un peu comme la finance d’aujourd’hui qui est complètement déconnecté de l’économie réelle et qui amène son lot de problèmes.

    Si quelqu’un disparaît des réseaux dites vous qu’il est peut-être parti vivre de quoi d’un peu plus nourrissant humainement.

    Jo D

  • @Jo d, je suis un peu stupéfait de votre opinion. J’organise personnellement des tweetups de 100 personnes dans ma ville et je participe à de nombreux rassemblements de réseautage avec plusieurs personnes que je côtoie quotidiennement en ligne. En 2010, les réseaux sociaux ne sont pas une vie parallèle à celle qu’on vit en dehors du numérique. Ce sont en majorité les mêmes personnes dans mon cas. Si quelqu’un disparait des réseaux sociaux, elle a disparu aussi de ses rassemblements. C’est pour cette raison que c’est perturbant.

  • Jo d

    @ Nicolas Roberge, dans ce cas j’avoue que c’est perturbant. En fait, je n’ai jamais vraiment connue cette expérience de rassemblement de réseautage. La seul expérience qui se rapproche d’un rassemblement pour ma part, à été la concrétisation d’un projet artistique avec des gens rencontrés sur les réseaux. Encore là, ces artistes avaient tendance à être plus ou moin fidèles au réseau, fermant leur accompte pour plusieurs mois pour y revenir plus tard avec un nouvel accompte.
    My bad, je ne dois pas être trop up to date là dessus.

    Jo

  • Nicolas, je pense que si au-delà du numérique on tisse des liens avec les gens et que c’est sincère et réciproque, on peut s’interroger sur la raison de la disparition mais il faut respecter aussi l’intimité des gens. Deux petits cas:
    – Dernièrement je lisais un blogueur qui annonçait son retrait sur une période indéterminée. Hélas, je viens tout juste de découvrir son blogue qu’il se retire! Par contre, si cela lui permet de se concentrer plus sur ses projets ou sa vie personnelle, c’est une bonne nouvelle. Le 2.0 ne devrait pas nous éloigner du reste. Il ne devrait pas non plus tout accaparer.
    – Une personne que je connais « dans la vraie vie » est complètement absente: répond plus au cellulaire, au courriel, l’activité sur Facebook est maintenue au minimum (accepter ou pas des amis), etc. Je ne connais pas les détails mais je sais que c’est une décision volontaire, la personne est toujours en vie, mais elle prend du temps pour peut-être faire d’autre chose.
    À quand le burnout 2.0?


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