Les Québécois et l’argent : un grand malaise

La Montreal Gazette a publié un article fort intéressant du Financial Post et très décourageant sur la relation entre les Québécois et l’argent. Ce sujet revient souvent dans le milieu entrepreneurial que je côtoie. La majorité des entrepreneurs parle peu de leur succès à leur entourage. Ceux qui le font sont souvent confrontés à des […]

La Montreal Gazette a publié un article fort intéressant du Financial Post et très décourageant sur la relation entre les Québécois et l’argent. Ce sujet revient souvent dans le milieu entrepreneurial que je côtoie. La majorité des entrepreneurs parle peu de leur succès à leur entourage. Ceux qui le font sont souvent confrontés à des remarques maladroites ou même sardoniques. Les entrepreneurs chevronnés se font donc très discrets dans notre société.

La nouvelle qui a amené le sujet dans l’actualité est la vente du manoir Oakleigh situé à Hudson à l’ouest de Montréal. Certains médias ont traité la nouvelle comme la plus grosse vente immobilière à l’extérieur de l’île de Montréal. Toutefois, le Financial Post s’est davantage intéressé pourquoi elle s’est finalement vendue à la moitié du prix demandé initial.

Dans l’article, on interroge Yves-Thomas Dorval du Conseil du Patronat et Alain Dubuc qui avait écrit le livre Éloge de la Richesse en 2006 qui portait sur cette réalité au Québec.

Voici une série de passages qui ont attiré mon attention :

Per capita, there are far fewer rich people in this province than in Ontario. Barely 3.9 per cent of taxpayers earn more than $100,000 a year in Quebec compared with 6.3 per cent in Ontario, according to 2008 revenue department statistics, which are the most recent available. The ranks of the truly moneyed are even thinner.

(…) Many Quebecers have a deep distrust of wealth and wealthy people.

(…) “We elevate people who like to keep things small. And we decry companies that are becoming big.”

(…) He notes that it’s not that Quebecers don’t want to get rich – participation in lotteries netted the province’s gambling corporation $1.8 billion in sales for fiscal 2011, about the same as the previous year – it’s that they just don’t want to take big chances trying to get rich. In addition, they feel more strongly than most other Canadians that wealth should be shared.

(…) When a chief executive tallies a fat bonus and gets rewarded with stock options while his employees see much smaller compensation gains, that is frequently big news in Quebec’s media outlets. (…) “So if you grow, it means automatically you will be seen as not sharing. Which is wrong.”

(…) “The thinking that to become rich you have to be a homeowner is (definitely less prominent) in Quebec than in the rest of Canada.”

(…) More and more Quebecers are choosing the security of a salary from an established employer over the more perilous but potentially more lucrative path of starting a business.

(…) So where does this uneasy connection Quebecers have to wealth come from? Some say it is the legacy of a society that was ruled by the Roman Catholic Church until Jean Lesage’s Liberal government broke the grip with a series of secular reforms in the 1960s. The church taught that coveting capital was bad and many Quebecers, whether they personally believe that or not, may still feel that influence.

(…) While many Canadians may rank sense of duty as their top value, Quebecers believe enjoying life is more important. If that means less work and less money, so be it. They are also more egalitarian than many other societies.

(…) Ask an American how much his fancy house cost and he just might tell you. Ask a Quebecer and you’re likely to be greeted with stone silence.

(…) Quebec has a significant “ideological blockage” in which its citizens are deeply suspicious of richness and rich people in general. He says one of the main reasons is a widespread conviction that when someone enriches himself, “someone else, somewhere else, gets screwed.”

via montrealgazette.com

Vous en pensez quoi? Êtes-vous d’accord?

Comment percez-vous les entrepreneurs?


À propos de Nicolas Roberge

Je suis le président d'Evollia et le père de 2 enfants merveilleux. Ceci est mon refuge numérique où je blogue sur un tas de sujets variés qui me passionnent.

On se tient au courant pour les prochains articles?



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  • Karine Simard

    Je suis tout à fait d’accord. Nous les Québécois avons un problème d’envie. Ce n’est pas qu’on ne veut pas être riche, plutôt qu’on ne veut pas que notre voisin soit riche. Le succès apporte son lot de commentaire désobligeants, et un besoin de « rabaisser » la personne. C’est bien dommage.

  • Michelle Monette

    Je suis plutôt en désaccord. L’économie du Québec va relativement bien. Pour moi, le problème est plutôt du côté de l’absence d’institutions financières en mesure de fournir du capital de risque. Ça n’a rien à voir avec notre attitude générale ou un quelconque relent de catholicisme (en passant, les anglos aiment bien nous la servir celle-là).

  • Nicolas Roberge

    L'accès à des capitaux de risque est certes difficile ici, mais l'article relate sur notre peu de désir de devenir entrepreneur. De toute façon les investisseurs arrivent normalement une fois que l'entreprise est démarrée. Je crois que c'est un ensemble de circonstances. Le mardi 2 août 2011, Posterous <

  • Jonathan Boyer

    Quand le gouvernement a ses propres institutions d’investissements à haut risque et toutes sortes de programmes pour pallier les pertes, comment une institution financière privée peut prétendre vouloir prendre leur place dans ce type d’investissement? Nous sommes éduqués (lire: endoctrinés) dès la petite enfance à ne prendre aucun risque dans la vie, que ce soit avec notre argent ou avec notre santé.

  • Michelle Monette

    En fait, pour avoir monté un espace découverte sur les inventeurs du Québec (qui ne sont pas tous forcément des entrepreneurs, j’avoue), le problème du financement est un gros obstacle. Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais ici le capital de risque est un sérieux problème, m’a-t-on expliqué (pas les inventeurs, ceux qui $$ le démarrage d’entreprises). Ceci dit, ça ne va pas si mal que cela au Québec ;-)


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