Les enfants, la roulotte est maintenant au ciel

  J’ai acheté une roulotte au début de l’été 2010. Une Flagstaff 25 pieds 2003. Les enfants étaient très heureux de l’acquisition. Nous aussi, c’était un bon moyen d’avoir des vacances en famille avec de jeunes enfants. Cette année, on se préparait pour nos vacances annuelles et tout a chaviré 2 jours avant le grand […]

 

Roulotte_flagstaff

J’ai acheté une roulotte au début de l’été 2010. Une Flagstaff 25 pieds 2003. Les enfants étaient très heureux de l’acquisition. Nous aussi, c’était un bon moyen d’avoir des vacances en famille avec de jeunes enfants. Cette année, on se préparait pour nos vacances annuelles et tout a chaviré 2 jours avant le grand départ. 

Pendant les semaines précédant le voyage, j’ai branché la roulotte. Je fais ça pour tester les équipements avant le départ et permettre de l’utiliser un peu. J’ai branché l’électricité et l’entrée d’eau. Je n’ai pas raccordé l’égout bien évidemment, car on ne peut pas à la maison. 

En parallèle, ma petite fille de 2 ans bientôt 3 ans est dans l’apprentissage de la propreté. La minitoilette de la roulotte est un jouet pour elle. Elle l’essayait à chaque occasion. On l’encourage sans hésitation. « Bravo ma cocotte! » Elle ferme la porte aussi. « J’suis capable Papa! », disait-elle. Le tout accompagné d’un long lavage de main dans le miniévier. 

Alors 2 jours avant de partir en voyage, pendant le souper, on entend une alarme dans le voisinage. Elle n’arrête pas. Est-ce que ça vient de la roulotte? Allons vérifier. Je m’approche. Le son est plus fort. Je vois de l’eau savonneuse sous la roulotte. Quoi? Je regarde plus en détail en faisant le tour. Je constate alors qu’il y a de l’eau qui sort par l’avant. Je regarde plus loin, il y a de l’eau qui sort d’un autre coin. L’eau sortait de tous les orifices! 

Je m’empresse de débarrer la porte. J’ouvre la porte et l’eau sort en grande quantité sur les marches. Mon cœur cesse de battre. Qu’est-ce qui se passe? J’entre avec les deux pieds dans l’eau.

L’eau envahissait tout le plancher. Je constate rapidement que le bain déborde. Pourtant le robinet du bain est fermé, je ne comprends pas. Je regarde tous côtés. J’aperçois finalement un mince filet d’eau coulant dans le miniévier de la salle de bain. Je ferme le robinet avec empressement! Pourquoi alors que le bain débordait-il?

Le filet d’eau avait rempli les réservoirs d’eau usée sous la roulotte. Le bain est le drain le plus bas de la roulotte. Une fois les réservoirs pleins, l’eau a remonté vers le bain, l’a rempli et s’est déversée sur le plancher. La mousse que j’avais aperçu était une réaction de l’antigel à plomberie que j’avais pris le soin de déverser dans les drains lors de son hivernation.

Maintenant, quoi faire? J’ai vidé le réservoir. On a ramassé toutes les serviettes dans la maison pour éponger la grande quantité d’eau. J’ai ouvert beaucoup de fenêtres. L’alarme qui retentissait plus tôt était celle du détecteur de propane. Il repartait périodiquement. L’humidité l’avait surement déclenché. J’ai nettoyé une partie du dégât avec mon aspirateur d’atelier pour retirer l’eau de la section avant en tapis. Je n’y arrivais pas à bout.

Je cède et j’appelle mon assurance en désespoir de cause. Je dois alors insister pour avoir un nettoyeur après sinistre sur le champ. Une roulotte s’assure avec les autos. Il n’y a pas d’urgence en automobile comme en habitation. Ils arrivent donc quelques heures plus tard et installent de l’équipement très puissant dans la petite roulotte. Après 24 h, tout semblait ultrasec. On dirait le Sahara. On est parti en voyage comme prévu le lendemain. On ne laissera pas cet épisode gâcher nos vacances tant attendues. On avait l’esprit tranquille, tout était sec. Ce n’était finalement qu’un mauvais rêve.

Le voyage s’est très bien passé, malgré un autre incident au départ. Un pneu de la roulotte a éclaté sur l’autoroute 20. On a arrêté au prochain village pour le remplacer celui de secours. On repart avec quelques tractations que je vous épargnerai de détailler ici. Le garagiste m’indique en partant que les pneus d’origine ont séché et devront tous être remplacés. J’en prends bonne note et j’en fais installer 5 nouveaux en bon père responsable plus tard en revenant de voyage sur le chemin du retour.

De retour à la maison, l’assurance me demande de la faire inspecter à un garage spécialisé en véhicules récréatifs. Au garage, je décris l’incident au préposé. Il grimace. Il dit que ça s’annonce mal. Il renchérit en expliquant que les planchers sont pour la plupart faits de contre-plaqué de bois et ils sont isolés avec de la laine minérale conventionnelle. Merde, croisons nos doigts.

Après une semaine, je reçois un appel de l’experte en sinistre de la Personnelle attitrée à mon dossier. « Monsieur Roberge, votre roulotte est perte totale. » Mon coeur a cessé de battre à nouveau. Quoi, je ne comprends pas? Elle était correcte, on vient de faire un voyage avec. Elle n’est plus sinistrée. Elle m’explique qu’elle nécessitera 9000 $ de réparations. Pourquoi? Ils doivent la défaire au complet pour remplacer le plancher et l’isolant. Il faut la désassembler pendant 2 semaines, car les murs, les armoires, les vanités, les appareils et les meubles sont solidement visés pour que rien ne bouge pendant les déplacements. Elle ajoute, si on ne fait rien, le plancher va finir par moisir, ramollir et perforer. Elle termine l’appel pour m’indiquer qu’ils m’offrent une indemnisation qui équivaut à 2000 $ de moins de ce que j’avais payé un an auparavant. Je pense à lui mentionner que j’ai installé des pneus neufs. Elle dit qu’elle va étudier si elle peut ajouter une compensation pour ça.

On a appris la nouvelle aux enfants. Ils ont très mal réagi. La roulotte représentait pour eux le bonheur d’être en famille. Le bon temps. On s’attache beaucoup aux choses quand on est petit. On a fait très attention pour ne pas pointer du doigt la petite. Mais, elle est futée pour comprendre ce qui s’est passé. Elle était consciente qu’elle avait laissé couler l’eau dans la « rouloque » (comme elle le prononce). Dans la maison, on a des robinets à manivelle. Dans la roulotte, c’est un robinet conventionnel avec une champlure pour l’eau froide et une autre pour l’eau chaude. Une nouveauté pour elle.

Les jours qui ont suivi, j’ai fait des recherches et j’ai constaté que les roulottes ne dévaluent pas si vite que ça. Je demande à l’assurance sur quelle base ils ont établi ce montant. Elle m’envoie une seule fiche d’une annonce d’un particulier qui habite dans un secteur très éloigné. En retour, je lui envoie 9 comparables avec des prix égaux ou supérieurs à ce que j’avais payé. Le processus traine alors en longueur. Elle part en vacances et elle est remplacée par un type qui n’a pas fait progresser mon dossier ni répondu à mes courriels. À son retour, elle s’est excusée de la situation. Elle m’offre finalement un montant avec une dévaluation de 300 $. C’était beaucoup plus réaliste et acceptable.

J’ai reçu le chèque après 2 mois de démarches. J’attendais son encaissement pour partager cette histoire abracadabrante.

J’avais promis aux enfants d’acheter une autre roulotte, mais l’été est derrière nous et les vendeurs sont fermés les fins de semaine. Ça complique les choses. On attendra aux printemps pour boucler le dossier et repartir à nouveau en voyage dans une autre « rouloque ».

 


À propos de Nicolas Roberge

Je suis le président d'Evollia et le père de 2 enfants merveilleux. Ceci est mon refuge numérique où je blogue sur un tas de sujets variés qui me passionnent.

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