Ce que 2015 m’aura appris

Une année si effervescente mérite de prendre un moment de recul. Voici ce que j’ai appris dans les 12 derniers mois.

On grandit chaque année en acquérant un peu plus d’expérience et de vécu. En 2015, j’ai senti que ça s’est fait davantage que les années précédentes. J’ai découvert mes forces en identifiant en toute humilité mes faiblesses. Alors, quels sont mes points fiables?

Ma mince carapace

Ceux qui me connaissent bien savent que je un grand émotif. Est-ce véritablement un défaut? Normalement non. D’ailleurs, je trouve ça rassurant d’être sensible à ce qui m’arrive et ce qui arrive aux autres. Toutefois, je considère ça un talon d’Achille lorsqu’un ressentiment m’envahit pour me faire perdre des heures voir des jours à ruminer. Plus jeune, cette période à broyer du noir pouvait durer des semaines et parfois des mois. J’ai fait du chemin depuis mon adolescence, mais j’ai constaté cette année que je devais gagner en résilience afin de me permettre de passer au travers les obstacles de la vie tout en gardant le sourire. La carrière d’entrepreneur que j’ai choisie comprend son lot de grands moments d’exaltation et immanquablement un petit fond de merde que je dois encaisser quotidiennement. J’ai décidé de me jeter dans le trafic et je me devais m’attendre à être plus assujetti aux accrochages.

À ma grande surprise, depuis que je me suis avoué que je devais acquérir plus de résilience, ça s’est amélioré progressivement dans les derniers mois de l’année. Aussi, ma vision plus précise de ce que je vise à faire de ma vie dans les prochaines années aide à en gagner. Quand on regarde en avant, on se soucie moins des nids-de-poule. La résilience est une suspension et j’ai besoin de celle d’une voiture de rallye!

Moi un gestionnaire?

Mon deuxième point faible est que je ne suis pas un gestionnaire. J’ai débuté mon aventure entrepreneuriale en tant que pigiste en 2008 pour passer à une équipe de 15 dès janvier 2016. L’entreprise grandit et cela m’amène à ce que je veuille ou non à la diriger. À mes yeux, la présidence s’est limitée à un titre pompeux de carte d’affaires. En 2015, ça s’est transformé étonnamment en un véritable rôle! Un rôle pour lequel je n’ai aucune formation. Il ne faut pas oublier que je suis un (vieux) programmeur à la base. Je n’ai pas été à l’université et je m’y connais peu en management d’une entreprise mise à part mes observations lorsque j’étais employé dans de grandes entreprises. Ai-je les compétences pour occuper ce rôle? J’ai songé à plusieurs scénarios dont celui de céder ma place à un manager de carrière.

Mais, il ne faut pas oublier parmi les fonctions du président, il y en a deux dans lesquels je suis comme un poisson dans l’eau. D’abord, le président est le représentant numéro 1 de la boîte. J’ai beaucoup de facilité et de plaisir avec la représentation, les relations publiques et le développement des affaires. Deuxièmement, il est l’âme et le père spirituel de la culture de l’entreprise. En accueillant de nouveaux membres dans l’équipe, il me parait important d’inculquer à l’équipe ce qui nous a amené jusqu’ici. C’est à moi de faire ça et je l’ai compris.

Pour réussir dans ce rôle, je dois m’entourer de personnes plus compétentes que moi. J’ai continué au courant de l’année de bâtir une équipe de talent qui va nous permettre d’aller toujours plus loin. La prochaine année débutera avec des nouveaux joueurs en poste et Evollia sera une machine encore plus redoutable. J’ai hâte de voir quelle forme elle prendra.

La vie professionnelle sera toujours éphémère

Mon troisième point faible est l’éphémérité de ma carrière. Je sais que c’est surprenant comme affirmation et laissez-moi m’expliquer. Toute carrière a un début et a inévitablement une fin. Tu la commences fraîchement sorti de l’école, tu acquières de la crédibilité et tu cumules les bons coups. Tu atteins ton sommet et lorsqu’elle tire à sa fin, tu quittes et on finit malheureusement par t’oublier. Dans les entreprises, ça n’existe pas des albums-souvenirs ou des arbres généalogiques. Une entreprise vit au présent et peu au passé car les équipes sont constamment renouvelées. Il n’y a pas de place à la nostalgie.

Pire encore, un projet entreprenarial peut se terminer abruptement pour diverses raisons et au mieux on peut le transférer à un autre. Dans tous les cas, on ne sera pas intronisé au temple de la renommée des entrepreneurs. Ce temple n’existe pas. Quand on n’est plus là, on prend le chemin vers l’anonymat. On est l’ancienne administration et, ça, n’a jamais une bonne connotation!

À l’inverse, tes enfants vont t’aimer même quand tu auras plein de rides, quand le poil te sortira des oreilles et quand tu perdras ton autonomie. Ils auront ensuite d’autres enfants qui t’appelleront grand-papa ou grand-maman. Même décédé, tu seras un des ancêtres des futures générations. Ton patrimoine sera légué à tes enfants, à tes petits-enfants et ainsi de suite. Tu feras partie d’un héritage familial. Une famille te donne l’immortalité en quelque sorte. Tu deviens le Highlander!

C’est pour cette raison que j’ai décidé d’avoir un troisième enfant même si je flirte avec la quarantaine et j’ai une carrière très très prenante. Ma fille naîtra dans quelques semaines en février. En regardant vieillir mon grand de 10 ans et ma fille de 7 ans, j’ai compris que c’est le projet le plus grand qu’on puisse réaliser. Ils ont leurs propres goûts, leurs propres intérêts et ultimement leur propre vie. C’est un honneur d’assister à leur éclosion et leur épanouissement. C’est transcendant et ma famille est plus pérenne que mon succès professionnel.

Pour terminer, en 2015 j’ai acquis davantage de maturité. Je termine l’année dans un tourbillon d’événements. Je devrais être étourdi, mais je vis cette effervescence sereinement. L’anxiété a laissé sa place à l’enthousiasme.

Quand on sait ce qui nous rend heureux ou du moins ce qui nous rend malheureux, on bâtit une vie qui nous plaira petit à petit. C’est la recette pour atteindre le bonheur et je le souhaite à tous ceux que je côtoie.

Bonne année 2016.


À propos de Nicolas Roberge

Je suis le président d'Evollia et le père de 2 enfants merveilleux. Ceci est mon refuge numérique où je blogue sur un tas de sujets variés qui me passionnent.

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